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101 rue saint-antoine à paris...le lycée charlemagne que j'ai fréquenré d'octobre 1954 à juin 1961... que de souvenirs, que les lecteurs me permettront d'enrichir, peut-être !...

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Le professeur de musique

 

Je le dis aujourd’hui, Ponsin était un bon professeur. Je suis un peu faux-cul en écrivant ça, ou plutôt j’ai vieilli et j’ai acquis une autre sincérité, bien différente de ma perception de l’époque, quand  j’avais 14 ans. A cet âge-là en effet, je ne disais pas que Ponsin était un bon prof. J’étais alors comme tous mes camarades, la musique m’emmerdait, sauf celle d’Elvis Presley, Brassens et Brel… Ponsin  enseignait la musique. Mêler la pédagogie et l’art des sons, quelle belle mission ! Ponsin nous enseignait les divers courants de la musique, il nous racontait l’histoire de la musique à travers la vie des grands compositeurs. Et comme on ne peut se contenter de parler seulement de musique, il nous la donnait à entendre. Une platine tourne-disques, dans sa classe, lui permettait de nous faire écouter les œuvres, comme des illustrations sonores de son enseignement. Je me rappelle aussi qu’il ne se bornait pas à la musique classique. Notre prof faisait quelques incursions contemporaines, nous passant des enregistrements de Gershwin, et nous faisant écouter du jazz New-Orleans. Avec Ponsin, nous chantions ensemble  ce grand classique des Noirs américains :
 « Nobody nows.. the trouble i seem…
Nobody knows, but Jesus… glory Halleluia !..”
Mais nous étions jeunes, et nous ne comprenions pas la valeur d’un tel enseignement. Nous chahutions joyeusement le prof . Je me rappelle qu’un jour, au moment du cours, lorsque nous devions nous mettre en rang devant la porte de la classe avant d’entrer, nous avions tous mis notre veste à l’envers ! Ah, on avait fière allure, avec les doublures par-dessus ! Mais bon, jusque là, rien à dire… Hélas, notre insouciance pouvait être aussi de l’inconscience, et l’inconscience devenir méchanceté : c’est ce qui arriva une certaine fin d’année. Cédant à la tradition, nous avions décidé de faire un cadeau à Ponsin. Au dernier cours de juin, lorsqu’il entra dans la classe, il trouva sur son bureau le beau paquet enrubanné qu’on lui avait préparé. Je crois que je vis sourire Ponsin pour la première fois de l’année ! Notre délicate attention l’avait touché. Il défit le paquet devant nous, puis l’ouvrit : il ne contenait qu’une bricole, un  vulgaire crayon à bille bas de gamme, qui apparut sous le tonnerre de nos quolibets ! Pauvre Ponsin, dont le sourire changea. Il se força à l’humour, pour tenter de faire bonne figure et sauver la face devant nos moqueries… Oui, les blagues de potache peuvent avoir un goût amer ! Un goût amer qui me laisse encore aujourd’hui un triste malaise… Vous Carolingiens d’aujourd’hui qui chahutez vos profs, je ne vous fais pas la morale ! Mais soyez juste un peu moins salauds que nous le fûmes. Chahutez les profs, mais ne les blessez pas ! Ne poussez pas la plaisanterie jusqu’à la cruauté, car la cruauté est le contraire de l’humanisme, et le lycée Charlemagne doit être porteur d’humanisme !
 
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R
Bonsoir !merci de cette précision ! pouvez vous me donner quelques renseignements complémentaires ? Qu'est devenu votre père après mon départ de Charlemagne en 1961 ? et vous-même, êtes vous dans l'enseignement ou la musique ? Merci, mon mail perso : robertlasnier@noos.fr
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P
Monsieur LasnierBonjourSuite à mon intervention sur le contre rendu que vous avez écrit sur le Lycée Charlemagne pour le professeur de musique PONSIN Marcel.Je suis son fils.Je vous envois toutes mes amitiés.J.G.P.
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R
je suis Robert Lasnier, ancien élève du lycée Charlemagne, de 1954 à 1961... Bien cordialement
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P
Bonjour.Je ne sais pas qui vous êtes mais je vous remercie de ces quelques lignes sur le professeur Marcel PONSIN.Bien à vous.J.G.P.
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