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101 rue saint-antoine à paris...le lycée charlemagne que j'ai fréquenré d'octobre 1954 à juin 1961... que de souvenirs, que les lecteurs me permettront d'enrichir, peut-être !...

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Les maths c'est super !

Je n'ai jamais été fort en maths et le regrette ! Tout ce qui est humain, en effet, est mathématique, n'en déplaise aux philosophes ! Oui, tout est mathématique : l'ordinateur, l'arbre à cames en tête, le presse-purée, le différentiel, la chemise en tergal, le lubrifiant des préservatifs, la télévision, tout est calculé !... Et même les ressorts de l'esprit que certains appellent âme, sont mus par des hormones, des dosages, des actions et des réactions physico-chimiques. Et le fameux "je pense donc je suis" cartésien, même si on le dit en latin "cogito ergo sum" pour faire son intéressant, ne pèse pas lourd dès que le cerveau n'est plus irrigué par le sang et n'est donc plus oxygéné ! Tout ça, ce sont des équilibres subtils entre anions et cations, c'est mathématique !... Et les philosophes, toujours dans la lune, n'y auraient jamais envoyé une fusée en la propulsant au Cogito !... Mais cette pensée ne m'est venue que sur le tard, par l'observation personnelle, et par une réflexion quotidienne de plusieurs décennies.... Justement, il faut dire décennies et non décades, je vous le rappelle !... Une décade c'est dix jours, et beaucoup confondent : il faut leur pardonner, c'est parce qu'ils n'ont pas étudié à Charlemagne, mais dans un établissement obscur, en ZEP (Zone d'Education Prioritaire) !...Pourtant, je me demande parfois si justement, dans ces ZEP d'aujourd'hui, on n'étudie pas mieux les maths qu'on ne les enseignait dans mon cher lycée... J'ai le souvenir de deux professeurs en particulier ! L'un deux était tout en rondeur, une vraie boule ! Avec lui, les maths c'était gonflée. Il portait une blouse blanche, ce qui concourait à l'arrondir encore davantage ! Ce prof de maths n'avait pas d'angles ni donc de bissectrice. Il était sphérique, avec un diamètre imposant et une circonférence 3,14 fois plus grand si ma mémoire est bonne ! Et comme il était chauve, sa tête aussi était toute ronde ! C'était simple, on l'appelait Bouboule ! Et je ne saurais même pas dire son nom ; pour moi, il est resté Bouboule (mais je suis sympa, je mets une majuscule à son surnom !)  Ah, le respect envers ses maîtres !.. Je le vois encore écrivant d'étranges égalités et de barbantes formules au tableau noir ! Parfois il invitait l'un d'entre nous à venir au tableau. L'élève montait sur l'estrade, prenait un morceau de craie et attaquait la démonstration : soit x = y/2, etc... Généralement, ça n'allait pas très loin. Au bout de trois lignes, la craie se faisait hésitante, puis gribouillait une connerie ! Alors Bouboule devenait tout rouge ; en même temps, le poing de sa main droite s'élevait puis retombait lourdement sur le crâne du cancre ... "Boum" ! avec ce glapissement péremptoire que lançait Bouboule : "il n'a rien compris !..;".. On avait l'habitude, on n'y faisait plus attention ! Passer au tableau c'était, à moins d'être un krach, recevoir à coup sûr le poing de Bouloule ! Parfois, il gueulait face à la classe. Et j'attendais toujours ce moment avec une délectation sadique ! Car à chaque fois, au moment où il gueulait le plus fort, son dentier, probablement monté sur ressort, faisait une brusque saillie hors de sa bouche ; il cessait immédiatement de brailler, et il mâchonnait vite fait, pour remettre ses dents à la place qu'elles n'auraient jamais dû quitter :... Inoubliable Bouboule !..

Et puis il y avait un autre prof de maths tout aussi fameux, tout aussi fumeux. Avec lui, pas de doute, les maths c'était Super ! Et pour cause : il s'appelait Supervielle.. Avec ce nom de poète, il manifestait une fantaisie pédagogique rare chez un prof de mathématiques. Il ne portait pas de blouse, lui, mais un costume classique de bonne coupe. Son enseignement, lui, était moins classique. Souvent, en classe, après avoir commencé un raisonnement et donné quelques explications, on le voyait se figer soudain. Immobile, il regardait par la fenêtre, le regard perdu dans le ciel, par delà la cour du lycée et il sifflotait.. On n'entendait plus que ça dans la classe : Superville sifflait un air, perdu dans d'impénétrables pensées... Au bout de quelques secondes, les élèves commençaient à murmurer, à se marrer, et ça devait gêner le mathématicien en ses méditations, car il se retournait soudain vers nous : "ça va cesser ce chahut ?"... Bande de cossards !.." C'était son mot à lui, ça "cossards"... L'épithète nous tombait souvent dessus. Mais ça ne nous blessait pas, car l'imprécation étant collective, chacun pouvait imaginer qu'elle visait son voisin, pas lui !... Quant à sa méthode pédagogique, je n'en ai jamais vu de si originale : la voici : quand il nous donnait un exercice à faire, il nous livrait en fait tous les résultats détaillés, la liste des différentes égalités conduisant de l'hypothèse de départ à la solution du problème. De sorte que, pour nous, l'exercice consistait seulement à inscrire, en tête de chaque ligne, le mot devant guider le raisonnement, pour aller de l'hypothèse à la conclusion ! Pas clair ? J'explique : il nous suffisait d'écrire, devant les égalités successives indiquées  par le prof, de simples mots de liaison : on inscrivait une liste qui ressemblait à ça :

- Par hyp :

- Et :

- D'autre part :

- Par ailleurs :

- Or on sait que :

- Et que :

- Il en résulte que :

- Et :

- Or :

- Donc :

Et voilà, l'exercice de maths était devenu un exercice de français, et on le torchait vite fait à la récré, dans la cour, cinq minutes avant d'entrer dans la classe de Supervieille !.. Quand le prof jetait un coup d'oeil à nos copies ainsi bâclées, il prenait un air consterné... Il en lisait quelques unes, toutes nulles, puis lançait une fois de plus à la cantonade : "Vous avez fait l'exercice entre la poire et le fromage... Bande de cossards !"... C'est à peu près tout ce qui me reste de mes mathématiques à Charlemagne : le poing de Bouboule sur nos crânes et l'imprécation de Supervielle : "Bande de cossards" ! C'est peu comme bagage mathématique, pour comprendre la mécanique du monde !.....

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R
Mais oui , c'était bien HEDUY !! et d'ailleurs, ce nom justifiait notre terrible humour mathématique : CE QU'ON DEDUIT : ce con d'Héduy !!!!!!!!!!
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R
Mais oui , c'était bien HEDUY !! et d'ailleurs, ce nom justifiait notre terrible humour mathématique : CE QU'ON DEDUIT : ce con d'Héduy !!!!!!!!!!
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L
Si ma mémoire est bonne, le nom de Bouboule était bien Héduy. Pedroplan écrit dans son post du vendredi 30 Novembre 2012 à 15:10 qu'il s'appelait Hémery. Je pense que Pedroplan commet une confusion avec l'un des manuels de mathématiques de l'époque, qui avait été coécrit par MM. Lebossé ... et Hémery.
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N
Bouboule s'appelait Haeduy ou H?y, si je me souviens bien; j'ai oubli?son pr?m. Quelques potaches s'amusaient du calembour facile qui terminait la d?nstration de la plupart des th??s ...."ce qu'on d?it"..
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