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101 rue saint-antoine à paris...le lycée charlemagne que j'ai fréquenré d'octobre 1954 à juin 1961... que de souvenirs, que les lecteurs me permettront d'enrichir, peut-être !...

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Première communion

J'ai fait ma communion solennelle le 12 mai 1955, en même temps que 115  de mes camarades du lycée Charlemagne, en l'église Saint-Paul Saint Louis qui jouxte le lycée. Cette cérémonie fut précédée par le catéchisme dont les cours avaient lieu dans une salle du petit lycée, celle-là même où j'avais passé l'examen d'entrée en sixième... Les cours étaient dispensés par l'aumônier du lycée, le Père Gaétan de Chanterac. En matière religieuse, je suis abonné aux aumôniers et aux particules, ayant été baptisé au Maroc en mai 1943 par le Père Othon de Launay, Aumônier des Missions ! Je fus pourtant un piètre catéchiste. Je n'ai jamais été touché par la grâce, Dieu me pardonne ! Dans la salle où avait lieu le catéchisme, je rigolais au milieu des paraboles moralisantes, ayant toujours eu beaucoup de méfiance chaque fois que la morale s'avance masquée, travestie par la Bible et les Evangiles... Du coup, je me suis plusieurs fois retrouvé à genoux sur le tuyau du radiateur qui longeait la salle, puisque telle était la pénitence infligée par le Père de Chanterac, pour la remise de mes péchés. Bref, au terme d'une catéchèse chaotique, je finis 105ème sur 115 car même en cette matière il y avait un classement ! Je m'étais efforcé d'être mal classé, car j'avais vaguement entendu dans le catéchisme un truc qui m'avait plu : "les derniers seront les premiers" ! Avant la communion, nous avons fait une "retraite spirituelle". Contrètement, l'aumônier nous avait fait acheter un livre "Veillez et priez", dans lequel nous devions nous plonger, délaissant pour quelque temps Bob Morane et Simon Templar ! Pour approfondir nos pieuses méditations, on nous emmenait pour des récréations sur la Place des Vosges. Là, autour du Père de Chanterac, nous écoutions la bonne parole, environnés de cette belle architecture typique du 17e siècle de la Place des Vosges. Voici un extrait du livre "Veillez et priez",

Ce passage ( comme tant d'autres d'ailleurs !) vaut son pesant de cacahuètes :

"Première communion sacrilège : C'est communier en état de péché mortel soit que l'on ait caché ce péché en confession, soit qu'on l'ait avoué sans en avoir une sincère contrition. Il n'y a pas au monde de malheur plus affreux qu'une première Communion sacrilège ; c'est commencer une vie par le crime de Judas et s'orienter, du même coup, non vers le Ciel mais vers l'Enfer"..........

Il vaut mieux lire ça que d'être aveugle mais tout de même !... Vous avez bien lu : il n'y a pas de plus grand malheur que la communion sacrilège ! Le reste n'est rien : ni les guerres, ni les atrocités de toutes sortes, ni la faim, ni la maladie !... Moi, si j'étais Dieu, j'aurais honte de laisser écrire des phrases pareilles ! Et puis, avez-vous remarqué aussi un petit détail ? Non ?? Allez, je vous le dis : Enfer, c'est écrit avec une majuscule de respect ! Comme Paradis ! Etonnant non ?...

Et puis vint le grand jour, le 12 mai 1955 : on se bousculait à l'église Saint-Paul. Nous étions assis sur de longs bancs de velours rouges, dans la travée de gauche face à l'autel ; rien que des garçons, tous Carolingiens ; dans la travée de droite, les filles, communiantes du lycée Sophie Germain tout proche, ressemblaient à de petites mariées dans leurs robes blanches. Pour la circonstance, je portais mon premier costume, veste et pantalon en flanelle gris souris, de chez Latreille (le champion du beau vêtement, rue Saint-André des Arts !), avec au bras gauche un brassard blanc tout brodé de dentelle... Je n'ai pas gardé le souvenir de tous mes copains de communion, sauf un : Patrick Verro ! Non qu'il fût un ami intime, mais parce qu'il se distinguait vraiment des autres ; il était le seul à porter un habit de cérémonie : veste courte et noire sur pantalon noir, chemise blanche à jabot, il ressemblait à ces personnages en matière plastique qu'on pose sur les gâteaux de mariages ! Mes parents étaient là, humbles et mal à l'aise, quelque part dans l'église Saint-Paul. Et puis aussi ma marraine qui s'appelait Juliette Testout, une femme opulente et ronde, de son état servante du curé d'Ivry sur Seine, et qui avait accepté d'être ma marraine de circonstance. Car ma vraie marraine est restée au Maroc où je suis né et où j'ai été baptisé en mai 1943 : je ne l'ai jamais connue. C'est elle qui me tenait dans ses bras, sous les ablutions purificatrices du Père Othon de Launay... Vous le voyez : de mon baptême avec Othon de Launay à ma communion avec Gaétan de Chanterac, mon éducation religieuse, qui faut sans panache, ne fut pourtant pas sans noblesse : riche de particules  !... Ite missa est !...

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R
OK ! un grand merci à toi, cher ancien carolingien !
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P
Rappel émouvant, avec une petite erreur mon ami Jean-Michel lewintre (qui s'est tué en voiture) portait la même tenue...<br /> Bien  vous<br /> PV
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L
Hqaulecoeur ??? orthographe bonne ??? j'ai un doute...
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R
Merci pour ce commentaire, cher ancien ! A toutes fins utiles, je te précise que j'ai publié un livre "Sacré Charlemagne" où tu pourrais retrouver plein d'autres anecdotes de notre vie carolingienne...<br /> C'est publié chez www.thebookedition.com sous mon nom : Robert LASNIER, et le titre, donc : Sacré Charlemagne<br /> Amicalement
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C
Merci pour ce retour dans notre histoire. Pour ma part les pénitences étaient les mêmes et le classement aussi.<br /> Je me souviens aussi d'un entretien entre mon père et l'abbé, peu avant  le 12 mai 1955, où mon exclusion de la cérémonie avait été plus qu'envisagée...<br /> Pour ma part, c'est ma grand-mère paternelle qui m'offrait le costume en "serge grise" et venant de la Belle Jardinière et le brassard offert lui par la grand-mère maternelle.<br /> Pour la retraite l'abbé Gaëtan de Chanterac était aidé par le Chanoine Cany, prêtre âgé mais combien plus tolérant. Les pénitences étaient moins rudes en confession.<br /> Et puis, un jour, au décès de mon père, j'ai retrouvé la facture de la cérémonie avec les frais de location des bancs, des "Suisses d'église" des cierges et le papier des réservations de places.<br /> Merci pour ce récit détaillé retrouvé tout a fait par hasard sur le net . Cela nous rajeunit beaucoup et fait du bien.
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